L’île de Lampedusa ou le nouveau cimetière africain

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14 octobre 2013

L’île de Lampedusa ou le nouveau cimetière africain

Une vue des corps des immigrés repêchés après le naufrage de Lampedusa
Une vue des corps des immigrés repêchés après le naufrage de Lampedusa

Lampedusa début juillet, pour son premier voyage hors de Rome, le pape François avait fustigé l’indifférence du monde face aux pauvres et au drame des clandestins. A peine trois mois, Lampedusa, petite île sur les côtes de l’Italie, où se rencontrent l’Afrique et l’Europe, est à nouveau sous le coup des projecteurs. La vague des flux migratoires, comme à son habitude, a, davantage, repris. Jeudi 03 octobre, la péninsule assiste impuissante au naufrage d’un bateau surpeuplé d’environ 500 à 550 immigrés à majorité d’origine africaine. On enregistre 302 morts dont 210 hommes, 80 femmes, et 9 enfants. Seul 155 personnes ont été sauvées, énième drame qui a juste suscité l’émoi, et rien de plus, de l’Europe, en particulier l’Italie.  Alors que les recherches de corps sans vie se poursuivaient un second bateau a chaviré au sud de l’île faisant près de 50 morts et quelques 200 passagers ont eu la vie sauve grâce aux secours arrivés très rapidement d’Italie et de Malte. Bilan de cette tragédie plus de 350 morts en une semaine. Ces morts de ce type, on en compte par millier depuis une vingtaine d’années. Lampedusa d’une superficie de 20 km² avec un peu moins de 10 000 habitants est devenu, par la force des choses, à la fois, l’eldorado et le nouveau cimetière des candidats à l’immigration prêts à se sacrifier. Selon le HCR qui dresse un bilan partiel des six premiers mois de 2013. Sur près de 7913 migrants qui ont débarqué sur les îles italiennes, près de la moitié est arrivée à Lampedusa, soit 3648 clandestins tandis que 1500 à 2000 personnes périssent en mer chaque année sans compter les disparus. L’image que l’on retient de ce drame est celle de quelqu’un, qui, fuyant la misère, la pauvreté et parfois la mort, fini sa course dans le cimetière de Lampedusa où il n’y a presque plus de place. Face à cette catastrophe humanitaire, le silence et l’impuissance de l’Afrique, où il a fallu plusieurs jours aux dirigeants africains pour marquer leurs désarrois lors d’un sommet extraordinaire de l’Union Africaine, préoccupée par la menace de retrait du continent noir de la Cour Pénal International.  A quand le prochain bateau !

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